12/06/2026 @ 19:00
de Candela Sotos (en sa présence)
Cycle : 2026
2025 / Espagne / 1h19 / VostFr
La plasticienne et cinéaste Candela Sotos part sur les traces de la mystérieuse plante aquatique amazonienne Yrupé qui ne fleurit qu’une seule fois par an. À travers un réseau de racines subaquatiques, le documentaire fait affleurer la figure oubliée de Guillermo Fernández Zúñiga, biologiste et pionnier du cinéma scientifique espagnol. Républicain, exilé en France puis en Argentine, Zúñiga a photographié et filmé les tranchées de la guerre civile, les camps de concentration du sud de la France et l’Yrupé. Un voyage à travers les archives nationales et les histoires familiales, qui sont autant de couches d’images inachevées et de mémoires silencieuses.
« L’Yrupé est une plante aquatique d’Amazonie, un gigantesque nénuphar tropical originaire du fleuve Paraná qui traverse le Brésil, le Paraguay et l’Argentine. De ses racines rhizomateuses poussent des tiges épineuses qui s’ouvrent en feuilles charnues flottant à la surface de l’eau. Sa magnifique fleur, composée de plus de cent pétales blancs, ne fleurit qu’une seule fois par an, la nuit, de manière imprévisible. « La Flor de Irupé » était le titre d’un film que mon grand-oncle Guillermo Fernández-Zúñiga (photographe, cinéaste scientifique et biologiste né en Espagne en 1909) commença à tourner sur cette plante pendant son exil à Buenos Aires. Le film resta inachevé.
En 2018, j’ai voyagé depuis Madrid pour passer deux ans en Argentine et suivre les cycles vitaux de l’Yrupé, de la germination à la floraison, un processus que j’ai accompagné et documenté dans le jardin de l’Université Torcuato Di Tella puis au Jardin botanique Carlos Thays de Buenos Aires, tout en contrôlant la température de l’eau afin de recréer un écosystème tropical au cœur de la ville. Cet exercice fait écho aux méthodes de Zúñiga, qui utilisait les studios de cinéma San Miguel de Buenos Aires (où il travaillait comme producteur) pour réaliser ses courts-métrages personnels le week-end, à partir de fragments de pellicules qu’il récupérait et assemblait. Dans cet espace délimité, il fabriquait et recréait des environnements artificiellement « naturels » qu’il souhaitait filmer, comme une ruche artificielle. Malgré l’importance historique de son œuvre, la figure de Zúñiga et la majorité de ses images demeurent largement méconnues, principalement en raison de désaccords idéologiques au sein de sa famille.
Pendant la guerre civile espagnole (1936-1939), Zúñiga rejoint l’équipe de diffusion audiovisuelle de la République, photographie les tranchées et réalise des documentaires sur l’exil espagnol à Paris. Ses archives documentent des événements tels que la libération de Paris, les funérailles de Largo Caballero ou encore les camps de concentration d’Argelès-sur-Mer, de Brams et de Gurs. C’est de ce dernier camp qu’il s’échappe avant de rejoindre la Résistance en France puis de partir pour Buenos Aires. La mémoire continue de circuler à travers l’intelligent réseau de racines sous-marines de l’Yrupé, offrant un chemin pour révéler l’histoire de Zúñiga et celle d’un pays qui a dissimulé les récits d’une génération sous la dictature franquiste. » – Candela Sotos
En présence En présence de la cinéaste et de Catarina Boieiro (productrice)

Bande annonce :
Informations pratiques :
📍 au 34, rue Daubenton – Paris 5e. Les détails d’accès.
ouvert du mercredi au dimanche
versions originales sous-titrées
🕘 Lancement de la séance à 19h00
💸 TARIFS
toutes les séances sont à prix libre !
+ adhésion annuelle de 5 à 15€, selon vos moyens
⏰ HORAIRES
le café/bar ouvre une heure avant la séance
la billetterie ouvre 1h avant la séance, sans réservation
🔑 ACCESSIBILITÉ
le café/bar est accessible en fauteuil roulant, mais pas les deux salles de cinéma
si le programme indique que des sous-titres SME sont disponibles, vous pouvez demander leur activation à l’accueil 20mn avant la séance.

