11/04/2026 @ 19:00
Images manquantes et textes retrouvés d’Ahmed Bouanani – un cinéma de poésie
Cycle : 2026
1966, 1968, 1971 / Maroc / 20mn, 18mn, 54mn / VostFr
A l’occasion des 70 ans de l’Indépendance du Maroc (2 mars 1956), et de la sortie de son livre Résister, décoloniser, enraciner (Mimésis, 2026), Marie PIERRE-BOUTHIER (collectif des Archives Bouanani/MCF Université de Picardie) vous propose un parcours dans la vie, l’œuvre et les ambitions esthétiques et transartistiques d’Ahmed Bouanani, cinéaste, monteur et poète marocain (1938-2011).
Accompagnés d’extraits de films, seront lus des textes, poèmes, commentaires, ou scénarios, publiés, inédits, non-tournés ou interdits, qui laisseront entrevoir la recherche poétique et documentaire à l’origine de ses films réalisés, amputés ou non-tournés, l’épaisseur des genèses, le palimpseste des réécritures, au gré des collectifs et de la censure.
La lecture sera suivie de la projection de Tarfaya (coll., 1966), 6 et 12 (coll., 1968) et Mémoire 14 (1971).
Tarfaya d’Ahmed Bouanani / 1966 / Marocc / 20mn / VostFr
Dans les décennies qui ont suivi sa fondation en 1944, le Centre Cinématographique Marocain (CCM) produisait des actualités destinées à être projetées dans les salles de cinéma avant le film principal. Mohamed Afifi, Ahmed Bouanani, Abdelmajid R’chich et Mohamed Abderrahman Tazi étaient des cinéastes travaillant au CCM après l’indépendance du pays, pour lesquels le cinéma constituait une forme d’art. Afifi était le plus âgé, tandis que Bouanani, R’chich et Tazi se connaissaient depuis leurs années d’études à l’IDHEC (Institut des hautes études cinématographiques) à Paris.
Afifi fut le premier à oser détourner une commande d’actualité pour créer une méditation d’auteur. Visuellement captivant, Men Lahm wa Salb (1959) filme une journée dans la vie du port de Casablanca, sans dialogue ni voix off, les images s’enchaînant au rythme de la musique, tandis que Sitta wa Thaniat ‘Ashar (1968) est une étude de la lumière de Casablanca entre 6 heures et midi. Al-’Awdah li Agadir (1967) filme la reconstruction d’Agadir après le tremblement de terre qui a presque entièrement détruit la ville, et s’apparente à un tableau cinématographique moderniste et constructiviste en mouvement. Le premier court métrage de Bouanani, Tarfaya Aw Masseerat Sha’er (1966), est adapté d’un poème du XVe siècle d’un barde marocain légendaire.

6 et 12 d’Ahmed Bouanani / 1968 / Maroc / 18mn / VostFr
Pensé comme une symphonie, et contrairement à un film de commande classique, qui se cantonnerait à filmer le patrimoine architectural ou la modernité industrielle de Casablanca, 6 et 12 éclot dans les ruelles de la vieille médina de Casablanca (préexistante à l’époque coloniale), pour éclater en même temps que le grand jour dans les larges rues de la ville européenne.

Mémoire 14 d’Ahmed Bouanani / 1971 / Maroc / 54mn / VostFr
Mémoire 14 est unique dans la cinématographie marocaine. C’est le seul documentaire de création alternant images tournées et archives cinématographiques. Ces dernières datent de la période du Protectorat français. Le texte est issu d’un poème éponyme d’Ahmed Bouanani (1938-2011), le 14e siècle de l’hégire correspondant au 20e siècle. À travers des mémoires anachroniques, nourries de mythes, le cinéaste recompose la réalité. Réalisé pendant les années de plomb, ce film, durant à l’origine une heure trente, est resté tronqué jusqu’à la version parvenue aujourd’hui.


Informations pratiques :
📍 au 34, rue Daubenton – Paris 5e. Les détails d’accès.
ouvert du mercredi au dimanche
versions originales sous-titrées
🕘 Lancement de la séance à 19h00
💸 TARIFS
toutes les séances sont à prix libre !
+ adhésion annuelle de 5 à 15€, selon vos moyens
⏰ HORAIRES
le café/bar ouvre une heure avant la séance
la billetterie ouvre 30mn avant la séance, sans réservation
🔑 ACCESSIBILITÉ
le café/bar est accessible en fauteuil roulant, mais pas les deux salles de cinéma
si le programme indique que des sous-titres SME sont disponibles, vous pouvez demander leur activation à l’accueil 20mn avant la séance.

