17/07/2026 @ 20:00
de Racornelia (en sa présence)
Cycle : 2026
22025 / Mexique, Grèce / 1h57 / VostFr
Mexico, 1997. À travers les images vacillantes d’un film de famille, MACDO révèle les drames sous-jacents d’un réveillon de Noël et dissèque les rapports de domination qui traversent le foyer.
« Famille, je vous hais » lançait André Gide. Entreprise de dissection de la première cellule où se sécrètent diverses formes d’aliénation et d’oppression, MACDO est un film sur la reproduction sociale. Racornelia nous introduit entre les quatre murs d’une maison plutôt cossue de la classe moyenne mexicaine blanche et catholique. Le cadre est planté dès l’ouverture dans la salle de séjour. La caméra, qui imite le gros pixel instable et brouillon des images amatrices dans un style home movie, insiste sur le visage en pleurs d’une petite fille endimanchée et inconsolable, sous le regard impassible de celle que l’on comprend être sa mère, Estelle, interprétée par la cinéaste elle-même, impeccable. Le ton est donné et le dîner de Noël ira de dysfonctionnements en déflagrations autour de la dinde et du sapin, bien loin de la magie pourtant appelée par le faste de la soirée et les croyances enfantines sous influence états-unienne.
La caméra vacillante passe des mains du père de famille à celles de la bonne – chaque personnage tient haut son rôle comme dans une telenovela.
Les films de famille contiennent bien souvent en creux les indices de drames sous-jacents. A coups de zooms et de dézooms, MACDO joue des détails habituellement en dormance – un sourire, un regard, l’éclat d’un verre – dans une mise en scène virtuose et innerve la chorégraphie familiale d’un entrelacs de tendresse et de cruauté, d’amour et de haine. Phrases assassines, jeux de dupes et compétitions fielleuses nourrissent l’interminable repas. Au terme de la soirée, dont nous ressortons lessivés, l’écran bleu d’un ordinateur nous fait basculer dans la chambre à coucher parentale où est orchestrée, avec une violence redoublée, une séquence d’affrontement conjugal. MACDO déshabille les rapports de domination jusque dans le lit et passe au crible les forces – catholiques, patriarchales, réactionnaires – qui assaillent la famille du dehors pour la gangréner du dedans et en faire l’un des plus sûrs moyens de dissémination idéologique. (Claire Lasolle, FIDMarseille, 2025)


Informations pratiques :
📍 au 34, rue Daubenton – Paris 5e. Les détails d’accès.
ouvert du mercredi au dimanche
versions originales sous-titrées
🕘 Lancement de la séance à 20h00
💸 TARIFS
toutes les séances sont à prix libre !
+ adhésion annuelle de 5 à 15€, selon vos moyens
⏰ HORAIRES
le café/bar ouvre une heure avant la séance
la billetterie 1h avant la séance, sans réservation
🔑 ACCESSIBILITÉ
le café/bar est accessible en fauteuil roulant, mais pas les deux salles de cinéma
si le programme indique que des sous-titres SME sont disponibles, vous pouvez demander leur activation à l’accueil 20mn avant la séance.

