Casa Susanna

24/10/2026 @ 19:30

de Sébastien Lifshitz (en sa présence)

Cycle : 2026
2022 / France, Etats-Unis / 1h37 / VostFr

Dans les années 50-60, une maison en bois au cœur des États-Unis abritait le premier réseau clandestin de travestis. Diane et Kate, aujourd’hui 80 ans, en faisaient partie. Elles racontent ce chapitre oublié des débuts de la transidentité.

« Au début des années 2000, pour les besoins de l’écriture de WILD SIDE, film centré sur la vie d’un personnage transgenre, je me suis plongé dans le Paris underground de l’époque. Au fil des mois, j’ai pu rencontrer une multitude de femmes transgenres dont le parcours chaotique m’est apparu comme le reflet terrible de l’incompréhension et du rejet de la société. Ces rencontres ont forgé une conviction : il fallait raconter ces vies pour mieux faire comprendre et accepter la transidentité, sujet majeur de notre temps.
En préparant WILD SIDE, je suis tombé un jour, par hasard, sur un livre de photographies au titre mystérieux : Casa Susanna. À ma grande surprise, ce livre regroupait un ensemble d’images sur une communauté d’hommes travestis, aux États-Unis, dans les années 50-60. La chose la plus marquante était que ces hommes semblaient ne pas être déguisés.
Bien au contraire, on pouvait percevoir toute l’attention et la délicatesse qu’ils avaient mis à incarner la femme américaine, bourgeoise et élégante, the woman next door telle que les revues comme Life Magazine ou Harper’s Bazaar les donnaient alors à voir. Aucun texte n’accompagnait ces images.
Seul un petit avant-propos nous expliquait qu’elles avaient été trouvées par un couple d’antiquaires sur un marché aux puces de New York. Aucune information au dos des images non plus, aucune lettre, ne venait en éclairer la provenance ou l’histoire. Le seul nom qui apparaissait sur l’une des photos était un petit panneau de bois, accroché à un tronc, sur lequel
étaient gravés les mots Casa Susanna. Près de l’arbre, se dressait une grande femme brune aux cheveux longs, habillée d’une robe aux motifs de fleurs. C’est l’été, il fait très beau. On pense qu’il s’agit de Susanna, si fière de poser devant ce qui doit être sa maison.
Les années ont passé. J’ai réalisé WILD SIDE puis un film-portrait sur BAMBI, l’une des premières femmes transgenres françaises, et récemment PETITE FILLE, documentaire centré sur Sascha, petite fille de sept ans, née garçon. Trois films qui interrogent la transidentité à des époques bien différentes les unes des autres et qui, à leur façon, incarnent cette histoire depuis les années 40 jusqu’à aujourd’hui, en France.
En 2016, j’ai eu la chance d’organiser une vaste exposition de photographies, issues de ma collection personnelle : Mauvais Genre. À travers plus de 500 photographies amateur, l’exposition retraçait les différentes pratiques du travestissement depuis le 19ème siècle jusqu’aux années 1980. À cette occasion, j’ai fait la rencontre d’Isabelle Bonnet, historienne de la
photographie, qui avait consacré un mémoire sur les photographies de la Casa Susanna. Suite à une vaste enquête, Isabelle a retrouvé certaines des personnes présentes sur les mystérieuses photographies du livre, et surtout la véritable identité de Susanna.
La lecture de ce mémoire, le volume des archives retrouvées et la découverte de témoins encore vivants m’ont totalement convaincu qu’il fallait faire un film. À la fin de l’été 2021, Je suis donc parti pour New-York et la région des Catskills, sur les traces de la Casa Susanna. Sous l’œil de ma caméra, j’ai eu cette chance de faire revivre une histoire invisible et secrète avec la complicité de Kate, Diana, Betsy et Gregory, témoins privilégiés. Aujourd’hui, le récit de ce groupe clandestin de travestis
est enfin raconté et avec lui, une part de l’Histoire Queer de l’époque du maccarthisme jusqu’à la libération des années 70. Le parcours chaotique et si courageux de ces vies résonne encore aujourd’hui, à l’ère du retour d’un certain conservatisme prêt à revenir sur des droits sociaux gagnés de haute lutte. Le combat n’est pas fini. » Sébastien Lifshitz


Informations pratiques :

📍 au 34, rue Daubenton – Paris 5e. Les détails d’accès.
ouvert du mercredi au dimanche
versions originales sous-titrées

🕘 Lancement de la séance à 19h30

💸 TARIFS
toutes les séances sont à prix libre !
+ adhésion annuelle de 5 à 15€, selon vos moyens

⏰ HORAIRES
le café/bar ouvre une heure avant la séance
la billetterie ouvre 1h avant la séance, sans réservation

🔑 ACCESSIBILITÉ
le café/bar est accessible en fauteuil roulant, mais pas les deux salles de cinéma
si le programme indique que des sous-titres SME sont disponibles, vous pouvez demander leur activation à l’accueil 20mn avant la séance.